Un goût d’éternité

Je n’étais pas allée à la montagne l’hiver depuis longtemps. J’ai redécouvert le bonheur d’entendre la neige crisser sous mes pas dans l’immensité du silence avant de retrouver la douceur de l’intérieur, le bonheur des choses simples et éternelles…

Je fixais le feu qui consumait les bûches dans l’âtre, comme hypnotisée. Tandis que la douce chaleur dégagée par la cheminée m’enveloppait, je laissais mon esprit vagabonder et songeais que cette fascination durait depuis des millénaires, et c’était rassurant de me dire que ce que je ressentais là était presque aussi vieux que le monde. Combien avant moi ont contemplé le spectacle des flammes qui dansent contre le bois, chaque fois le même et un peu différent à la fois ?

J’ai toujours trouvé du réconfort dans les choses anciennes, les rituels, les symboles, les histoires d’un autre temps, les lieux qui ont abrité bien d’autres vies avant la mienne. J’aime éprouver les sensations qui ont traversé les siècles, fouler des sols qui étaient déjà arpentés il y a mille ans. Je n’avais jamais réalisé à quel point jusqu’à ce que j’entende un alpiniste raconter l’intense émotion qu’il ressentait lorsqu’il parvenait à un sommet vierge des pas des hommes : moi, rien ne me plaît davantage que de me trouver en des lieux emplis par l’Histoire, par les histoires, celles d’inconnus qui ont vécu il y a fort longtemps.

Et juste comme ça, regarder le feu avait un goût d’éternité.

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